Pathologies de croissance de l’enfant

Maladie de LEGG-PERTHES-CALVE

Il s’agit d’une atteinte de la tête du fémur par nécrose ischémique.

En effet pour conserver ses propriétés mécaniques, l’os  doit être irrigué par le sang.
La nécrose ischémique signifie que l’os meurt par absence d’irrigation sanguine.

Elle atteint les enfants de 2 à 12 ans (80% des garçons)
Le pic se situe entre 5 et 6 ans
L’atteinte est bilatérale dans 12% des cas mais peut faire suspecter une mucopolysaccharidoses qui entraîne des désordres graves dans la croissance enchondrale aisément retrouvable en radio par d’autres atteintes ou dysplasies osseuses.

L’étiologie n’est pas formelle et plusieurs théories scientifiques et études montrent  sans certitude entre la primauté de l’ischémie artérielle et celle de la thrombose veineuse (réseau artériel circonflexe postérieure et veineux).
Certaines études rapportent des troubles de la coagulation d’origine génétique, un retard statural modéré (risque accru en cas de retard  intra-utérin), une potentialisation avec l’exposition au tabagisme passif, un lien avec l’hyperactivité  (absence de preuve formelle)?

L’examen de référence est la radio de hanche de face ainsi que l’incidence de Lauenstein (meilleur visibilité d’une irrégularité du noyau)
La scintigraphie a une place restreinte au stade infra radiologique on lui préfère l’IRM permettant un diagnostic plus précoce et présentant un intérêt  donc diagnostique mais aussi de pronostic permettant de suivre la revascularisation (tous les 6mois) et donc une fenêtre
pour le chirurgien selon le cas.

On retrouve 3 phases :

  • évolutive :
    • stade d’agression par ischémie infra radiologique (Scintigraphie ou IRM++)
    • stade de condensation (la tête apparaît plus blanche comparativement en radio + signe fugace du coup d’ongle)
    • stade de fragmentation (la tête commence à se revasculariser)
    • stade de reconstruction (elle se reforme)
  • de remodelage de la tête fémorale dans l’acétabulum :la tête sera à l’issu normale, augmentée (coxa magna) ou aplatie (coxa plana) se qui définira les rapports et contraintes articulaires.
  • séquellaire (débute à la fin de la croissance et se développe pendant la vie adulte)
Maladie de LEGG-PERTHES-CALVE

Incidence de Lauenstein en radio présentant une dissection sous chondrale Invisible en De Sèze (bassin de face)

 

 

 

 

 

 

Maladie de LEGG-PERTHES-CALVE

Radio présentant une tête fémorale condensée apparaissant comparativement plus blanche

 

 

 

 

 

 

 

Maladie de LEGG-PERTHES-CALVE

Radio présentant une tête fémorale fragmentée et excentrée

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Maladie de LEGG-PERTHES-CALVE

Radio en stade de séquelles présentant une coxa magna

 

 

 

 

 

 

Maladie de LEGG-PERTHES-CALVE

Radio en stade de séquelles présentant une coxa plana

 

 

 

 

 

L’étude du morphotype de l’enfant révèle des désaxassions ou facteurs de risques (genu valgum ou varum, dysplasie patellaire, luxation congénitale, inégalité de longueur, pied plat valgus ou varus..).

Le Dépistage et la Prévention s’effectue par le Podologue qui pourra identifier également l’ensemble des désaxassions et troubles de la morphogénèse rajoutant, cumulant des contraintes sur l’os, les articulations et sur l’ensemble de l’Appareil Locomoteur.

Le repos et l’arrêt du sport sont indiqués  ainsi qu’un traitement par Semelles Orthopédiques délivrées par le Podologue pour réduire les symptômes et traiter les problèmes de fonds sur le long terme.

Les antalgiques ne traitent pas la cause et doivent être limités dans le temps.

La kinésithérapie doit être effectuée en synergie avec des étirements myo-tendineux ainsi qu’à domicile selon son conseil.

Il convient donc de prendre contact avec votre médecin traitant et avec votre Podologue qui transmettra un compte rendu d’analyse détaillé de l’Appareil locomoteur nécessaire pour la croissance, la vie sportive et professionnelle de votre enfant.

Cette maladie  a la singularité de se guérir spontanément sur plusieurs années, l’os vas se revasculariser et poursuivre sa croissance.

Le pronostic médical est meilleur chez le garçon et quand l’âge de survenue est avant 5 ans car la croissance résiduelle est évidemment plus importante que lors d’une survenue de la maladie après 10 ans chez la fille dont l’âge de fermeture du cartilage de croissance est plus précoce et avéré par un test de Risser 5 (le cartilage s’est ossifiée et se soude complètement).

Rappelons au passage que l’extrémité supérieur du fémur présente 5 cartilages de croissance ( zone de croissance céphalique, sous-capitale, cervicale, sous-trochantérienne, trochantérienne)

Rappelons également qu’il faut éliminer les diagnostics différentiels comme la dysplasie de Meyer (âge 2ans), le rhume de hanche (de 3 à 8ans), la drépanocytose chez l’enfant noir (hémoglobinopathie), la maladie de Gaucher (atteinte humérale), l’ostéochondrite iatrogène au traitement d’une luxation congénitale de hanche ou secondaire à une greffe ou une corticothérapie.
Il convient également d’éliminer la présence d’une hypothyroïdie (rare) ou encore le recoupement avec d’autres dysplasies osseuses, de malformations congénitales et autres dysmorphies et maladies osseuses constitutionnelles.

La prise en charge médicale est de rigueur allant de la surveillance au traitement orthopédique et ou chirurgical en fonction de l’âge, du stade et de l’extension.
L’avis chirurgical est indiqué et sera le plus éclairé sur l’extension de la lésion, la maturation osseuse et son décalage possible ainsi que sur le potentiel et conditions de cicatrisation et par conséquent sur une argumentation, le suivi et choix de sa fenêtre et cherche la revascularisation.

On s’attachera donc à suivre l’évolution de cette maladie par des examens réguliers radio et IRM  afin de  contenir la tête fémorale et les contraintes mécaniques sur celle-ci afin d’éviter une déformation de celle-ci (excentrée, aplatie, grossie) et donc une perte de congruence articulaire ( càd une perte de la sphéricité de la tête du fémur dans l’acétabulum) pourvoyeuse d’arthrose chez le jeune adulte.

N’attendez pas l’aggravation des symptômes !