Dépistage et prévention des troubles musculosquelettiques

Qu’est-ce que les troubles musculosquelettiques ?

Les troubles musculosquelettiques (TMS) sont des troubles de l’appareil locomoteur (membres et rachis) regroupant des affections touchant les muscles, les tendons, les nerfs, les articulations (cartilages, …) et les os.

Ils peuvent induire une gêne fonctionnelle et des douleurs. Les parties du corps les plus fréquemment touchées sont : la colonne vertébrale, les membres supérieurs (épaule, coude, poignet), les genoux.

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L’activité professionnelle peut jouer un rôle dans la genèse, le maintien ou l’aggravation de ces troubles. Enjeu majeur en termes de santé au travail, les TMS représentaient, en 2009, près de 85 % du total des maladies professionnelles indemnisées.

Afin que ces maladies ne deviennent pas chroniques, elles doivent être diagnostiquées et prises en charge précocement. Des solutions de prévention peuvent être mises en place.

Circonstances de survenue des troubles musculosquelettiques

Les TMS sont essentiellement dus à l’activité professionnelle et ont différentes causes : sollicitations musculaires, stress, organisation du travail, antécédents médicaux…

Modèle de la dynamique d'apparition des troubles musculosquelettiques (TMS)

Modèle de la dynamique d’apparition des troubles musculosquelettiques (TMS)

Principaux facteurs de risques biomécaniques de survenue de TMS :

  • Forte répétitivité des gestes
  • Efforts excessifs
  • Gestes aux limites des possibilités articulaires
  • Travail en position maintenue

Un ensemble de maladies pour les TMS

Les principales maladies pouvant être considérées comme des TMS liés au travail sont localisées :

  • au niveau de l’épaule : syndrome de la coiffe des rotateurs,
  • au niveau du coude : épicondylite, épitrochléite, hygroma et syndrome du tunnel cubital,
  • au niveau du poignet et de la main : syndrome du canal carpien ou de la loge de Guyon, tendinites des fléchisseurs et des extenseurs de la main et des doigts, maladie de De Quervain,
  • au niveau des membres inférieurs : hygroma, tendinites et compression nerveuse au niveau du genou, tendinite achiléenne.

Les vibrations peuvent également provoquer des atteintes vasculaires, neurologiques et articulaires.

Prévention des TMS des membres inférieurs

Éviter les postures de travail statiques ou contraignantes

Pour prévenir les troubles musculosquelettiques des membres inférieurs à composante professionnelle, l’entreprise doit agir sur plusieurs axes : améliorer les conditions de travail, réduire les opérations de manutention inutiles ou qui peuvent être facilement évitées, mettre à disposition des aides à la manutention manuelle et alléger les charges, organiser le travail de façon à réduire les positions de travail statiques, aménager les postes de travail…

La prévention de ces pathologies professionnelles est identique à celle des troubles musculosquelettiques des membres supérieurs (TMS-MS). Il est tout d’abord nécessaire d’effectuer un dépistage des situations de travail à risque, en portant une attention particulière aux tâches répétitives ou de longue durée et aux postures de travail contraignantes pour les articulations. En fonction des résultats de ce dépistage, une intervention ergonomique peut être organisée, afin de mettre en place des mesures de prévention adaptées.

Manutentions manuelles lourdes

Des mesures permettant de les éviter ou d’en réduire les risques peuvent être mises en place. Elles concernent par exemple la mise à disposition d’aides à la manutention, des modifications de l’organisation du travail permettant de limiter les déplacements avec ports de charges…

Travail debout

Les opérateurs travaillant debout sans se déplacer doivent pouvoir travailler assis ou alterner les positions assis/debout, selon leurs désirs. Lorsqu’un aménagement n’est pas possible, ces salariés doivent prendre des pauses pour marcher et bouger. Tout poste de travail doit pouvoir disposer d’un siège (article R. 4225-5 du Code du travail).

Travail à genoux ou accroupi

La prévention passe tout d’abord par des changements d’organisation du travail ou par l’élaboration d’autres procédés de travail, afin de limiter ou réduire ces postures de travail contraignantes. L’entreprise doit également mettre à disposition des équipements de protection individuelle (protection des genoux notamment, permettant de répartir les forces de pression sur le genou et d’amortir le contact avec un sol dur).

Prévention des lombalgies au travail

Faciliter le maintien ou le retour au travail

Mal de dos, tour de rein, lumbago, sciatique… La lombalgie est un ensemble de symptômes définis par des douleurs dans le bas du dos, plus ou moins récidivantes. Cette affection courante peut être provoquée ou aggravée par l’activité professionnelle.

Quand la douleur liée à une lombalgie s’installe, toute activité peut devenir pénible. Les conséquences sont particulièrement lourdes pour les salariés dont les capacités professionnelles reposent essentiellement sur des capacités physiques (arrêts de travail, inaptitudes). Chaque année, près de 100 000 lombalgies sont déclarées comme accidents du travail avec arrêt et 2 500 sont reconnues comme maladies professionnelles.

Une politique de prévention des lombalgies a tout d’abord pour objectif de limiter les contraintes et les facteurs de risques pouvant provoquer l’apparition de la maladie pour tous les salariés. Parallèlement, l’entreprise doit tout faire pour permettre aux salariés lombalgiques, de plus en plus nombreux, de se maintenir ou retourner au travail dans les meilleures conditions.

 

Cadre vert : reprise du travail des salariés lombalgiques

 

Prévention des TMS des membres supérieurs

Réduire les sollicitations et diagnostiquer le plus tôt possible

Les troubles musculosquelettiques représentent des millions de journées de travail perdues et sont une source de désorganisation majeure pour les entreprises et de souffrances pour les patients.

Pour savoir si vous êtes concerné par des troubles musculo-squelettiques (TMS) dans votre entreprise, répondez à ces questions :

  1. Avez-vous dans votre entreprise des activités avec port de charges, répétitivité des tâches, postures sollicitant fortement le dos, les bras, effort manuel, position statique maintenue ?
  2. Avez-vous dans votre entreprise des activités cadencées, au rythme imposé par un autre collègue, une machine ou un flux ?
  3. Avez-vous connaissance dans votre entreprise de problème de dos ou d’articulations ?
  4. Y-a-t-il des troubles musculo-squelettiques (TMS) reconnus en maladie professionnelle ou/et des accidents du travail liés aux manutentions manuelles dans votre entreprise ? Si oui, connaissez-vous leur coût ?

Si vous avez répondu oui à au moins une de ces questions, il est souhaitable d’engager une action de prévention des TMS dans votre entreprise et de lui donner un objectif clair : réduire l’absentéisme, les plaintes ou les déclarations de maladies professionnelles, etc.

Les principaux facteurs de risque présents dans l’activité professionnelle sont les sollicitations biomécaniques (forte répétitivité des gestes, efforts excessifs, postures inconfortables, travail en position statique prolongée…) et le stress en lien avec l’organisation du travail.

La prise en charge des TMS en milieu de travail nécessite de les détecter le plus précocement possible avec l’aide du médecin du travail.