Le mélanome est une tumeur maligne des cellules de la peau qui fabriquent la mélanine, un pigment qui colore la peau et la protège des méfaits des rayons ultraviolets.

Les mélanocytes résident dans les couches profondes de ‘épiderme et tout le monde en possède, quelle que soit la couleur de la peau. Les grains de beauté ou naevi résultent de la multiplication et du regroupement de mélanocytes normaux.

Schéma du mélanocyte

La pigmentation de la peau et la réaction à l’ensoleillement constituent deux facteurs de risque importants et clairement établis dans la survenue d’un mélanome. Globalement, plus la peau est foncée, plus faible est la probabilité de développer un mélanome, ce qui fait que le risque d’un sujet de race noire est 10 fois moindre que celui d’un sujet de race blanche. Et au sein de la race blanche, plus la peau est claire et plus l’individu présente des marqueurs roux (tâches de rousseur, quelques poils roux dans la barbe, cheveux auburn ou blond vénitien), plus son risque est important.

Le nombre de grain de beauté est également un facteur important dans le risque de mélanome. Il dépend d’une part de l’exposition solaire et d’autre part d’un certain nombre de caractéristiques génétiques qui déterminent la capacité des mélanocytes à se multiplier. Certains mélanomes naissent d’un grain de beauté mais un mélanome peut parfaitement se développer sans grain de beauté préexistant, c’est même la situation la plus fréquente (70 à 80% des cas).

Les personnes ayant ou ayant eu des membres de leur famille atteints présentent un risque supplémentaire et l’on estime que 10% des mélanomes sont attribués directement à cette prédisposition génétique. Une des particularités du mélanome par rapport aux autres tumeurs cutanées malignes, carcinomes baso et spinocellulaires, est son aptitude à envahir les tissus au delà de la peau (les muscles, les ganglions) et à aller se greffer dans les organes distants (les poumons, le foie, le cerveau…).

Exposition solaire

On reçoit du rayonnement ultraviolet dans toutes les activités de plein air au travail ou pendant les loisirs (sports, promenades) et pas seulement lorsqu’on va a la plage.

Dès qu’un individu passe au soleil, il reçoit un rayonnement solaire. Les expositions les plus à risque sont les expositions intermittentes et les pires correspondent à ce qu’on peut appeler les “séismes solaires”, c’est-à-dire des périodes alternées de non exposition puis d’expositions intenses et brutales très souvent génératrices de coups de soleil.

Le bronzage est une réaction de défense à une agression qui n’a pas dépassé un certain seuil, au-delà survient le coup de soleil. Le bronzage efficace est mat, il est fait à partir de la production d’eumélanine en bonne quantité, alors que le bronzage doré est un bronzage moins efficace, fait à partir de phaeomélanine. Le seul bronzage qui soit efficace correspond à une couleur de peau brune plus ou moins foncée et mate du type de celle des Maghrébins par exemple.

Si le grain de beauté n’est pas en soi un précurseur de mélanome, des grains de beauté en grand nombre, en particulier de grande taille et irréguliers, témoignent d’une instabilité des mélanocytes. Cette instabilité prédispose au développement d’un mélanome. En effet, si des mutations sont souvent présentes dans les mélanocytes des grains de beauté, elles ne débouchent pas forcément sur un mélanome car bon nombre de grains de beauté vieillissent et perdent leur instabilité au fil du temps par involution.

La plupart des mélanomes naissent à partir de mélanocytes situés en peau saine, sans qu’il y ait de précurseur identifiable. La deuxième est que l’exérèse systématique des grains de beauté communs dans un but de prévention du mélanome n’a pas d’intérêt. Chacun suivant son type de peau et ses habitudes d’exposition solaire a un risque différent de développer un mélanome. Il est donc nécessaire de connaître ce risque et de savoir se surveiller. Plus l’on présente des facteurs de risque tels que peau claire, marqueurs roux (taches de rousseur, cheveux roux, blonds vénitiens, auburn, poils roux dans la barbe) ou grains de beauté nombreux, irréguliers et de grande taille témoignant d’une instabilité des mélanocytes), plus il faut se protéger et être vigilant.

Conseils:

  • Eviter de s’exposer au soleil sans protection et de façon excessive.
  • Pratiquer l’auto-examen de sa peau régulièrement et cela quel que soit son type.
  • Les patients ayant déjà eu un mélanome, doivent se palper les aines, les aisselles et le cou régulièrement (tous les mois) à la recherche de ganglions qui sont les premiers sites de récidive d’un mélanome.
  • Ne pas hésiter à demander un avis dermatologique dès qu’apparaît quelque chose de nouveau sur la peau, dès qu’une chose ancienne se met à grossir, se modifie en forme ou en couleur, démange, saigne quand on la touche…
  • Protéger ses enfants.

Mélanome : ABCDE

Le mélanome acral-lentigineux est observé sur les paumes ou les plantes de pieds (tache brune ou noire aux contours irréguliers), au niveau des ongles (bande noire > 6mm de large, pigmentation irrégulière), sur les zones cutanées non exposées au soleil. La tache brune donne volontiers un aspect un peu crasseux sous la plante des pieds, mais ne disparaît pas, et finit par donner une tumeur.

Mélanome : les différentes formes

Trois  facteurs  pour le pronostic:

L'indice de Breslow et le mélanome

  • L’indice de Breslow témoigne de l’importance de l’invasion de la tumeur en profondeur et reflète l’agressivité de la lésion.
  • La présence d’une ulcération témoignant d’un désordre tel des mélanocytes qu’il y a agression du revêtement cutané.
  • La présence de cellules tumorales au niveau ganglionnaire ; cette présence pouvant être évaluée indirectement par l’examen clinique (palpation de ganglions augmentés de volume dans les zones ganglionnaires) et par l’échographie.

Votre Podologue vous informe, vous éclaire, participe au dépistage et à la prévention et vous oriente le cas échéant.

Les traitements ne sont volontairement pas définis ici dans le cadre de la prévention et car ils sont le fait (tout comme le diagnostic)  du Dermatologue.

Source: Société Française de Dermatologie