Quelles sont les principales manifestations de la polyarthrite rhumatoïde ?

Cette maladie est caractérisée par une inflammation de plusieurs (poly) articulations (arthrite) avec une prédilection pour les mains, les poignets et les genoux. Néanmoins, elle peut atteindre toutes les articulations. Elle provoque habituellement un gonflement articulaire douloureux bilatéral (droit et gauche) avec une limitation de la mobilité. Les douleurs articulaires occasionnent souvent des réveils nocturnes en deuxième partie de nuit et un enraidissement matinal de durée variable, caractéristiques de l’atteinte inflammatoire articulaire. L’atteinte rhumatologique s’accompagne souvent aux mains et aux pieds d’une atteinte des tendons et de leur gaine synoviale (“ténosynovites”).

 

De quels moyens thérapeutiques dispose-t-on pour traiter la polyarthrite rhumatoïde ?

Il existe des moyens médicaux et chirurgicaux, des gestes locaux médicaux et chirurgicaux. Mais il faut également insister sur les autres moyens tout aussi importants et bien souvent négligés que représentent : votre information, celle de votre famille et de votre entourage (d’où l’existence de ce manuel et le travail de toute une équipe soignante : citons (sans ordre) l’infirmier(e), le(la) kinésithérapeute, l’ergothérapeute, le(la) diététicien(ne), le(la) podologue, l’assistant(e) social(e), le(la) psychologue et/ou le psychiatre, sans oublier le rôle des associations de patients).

 

Puis-je modifier moi-même certains traitements ?

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Il vous appartient en effet de pouvoir modifier certains traitements en fonction de l’évolution de votre polyarthrite rhumatoïde. C’est en particulier le cas pour les médicaments contre la douleur (antalgiques).

Toutefois, les traitements de fond ne doivent absolument pas être modifiés par vous : les doses prescrites sont celles qui doivent vous assurer une efficacité maximale avec un risque minimal. C’est à votre médecin et à lui seul qu’il revient de les modifier si besoin. Si vous avez un souci, il faut donc avant de faire quoi que soit, lui en parler.

 

Tous les traitements sont-ils équivalents ?

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Non , chacun a un objectif bien précis mais ils sont complémentaires. Si les traitements de fond sont indispensables, ils sont insuffisants surtout au début pour assurer un confort suffisant et faire cesser les douleurs. Ils ont en effet besoin de temps pour que leur efficacité se manifeste. Dans cette période, les traitements dits symptomatiques sont importants. Lors des poussées de la maladie, l’augmentation des traitements anti-douleur et/ou anti-inflammatoires permet d’améliorer les choses.
Enfin, tous les autres moyens thérapeutiques qu’ils s’agissent des traitements locaux, des semelles orthopédiques, de la rééducation fonctionnelle, de l’approche médico-psychologique, sont également importants à mettre en route, sans oublier l’information et l’éducation.

 

Qu’est-ce que la rééducation et la réadaptation fonctionnelle ?

La rééducation et la réadaptation fonctionnelle représentent une spécialité médicale. La rééducation a pour but de corriger une déficience d’installation récente. La réadaptation a pour but de limiter les conséquences d’un handicap. Mais qu’est-ce qu’une déficience ? Qu’est-ce qu’un handicap ? Prenons un exemple qui n’a rien à voir avec les rhumatismes. Être presbyte est une “déficience” : nos yeux nous rendent “incapables” de voir de près. Et si nous aimons lire ou coudre par exemple, nous sommes “handicapés” pour le faire.

L’ophtalmologiste, malgré les progrès de la médecine, n’a pas le pouvoir de corriger cette déficience mais supprime le handicap en prescrivant un “appareil” approprié, c’est-à-dire des lunettes. En d’autres termes, aucun traitement ne permet aux yeux de recouvrer une acuité visuelle normale, mais les lunettes rendent la possibilité de refaire toutes les activités qui nécessitent de bien voir de près.

Reprenons le cas de la polyarthrite rhumatoïde : la rééducation peut prévenir ou corriger une déficience récente comme une raideur articulaire. La réadaptation permet à une personne handicapée de retrouver un maximum d’autonomie et donc sa place dans sa famille et dans son milieu socio-professionnel. Les moyens utilisés pour atteindre cet objectif sont variés et dépendent de la nature du handicap, des besoins et de l’environnement.

Au total, la médecine de rééducation utilise diverses méthodes notamment la kinésithérapie (“kinési” : mouvement), la podologie, l’ergothérapie (“ergon” : travail) et l’appareillage. C’est donc un travail d’équipe coordonné par un médecin rééducateur.

 

Quelle est la place de la rééducation et de la réadaptation fonctionnelle dans la polyarthrite rhumatoïde ?

La rééducation complète le traitement médicamenteux. La polyarthrite rhumatoïde est un rhumatisme inflammatoire : les médicaments calment l’inflammation et freinent l’évolution de la maladie. Néanmoins, l’inflammation fragilise les articulations qui deviennent moins solides et tendent à se déformer. La rééducation cherche à protéger les articulations et à réduire les conséquences “mécaniques” du rhumatisme, tout en conservant une activité aussi normale que possible.

Pendant les poussées inflammatoires, il est conseillé de mettre les articulations inflammatoires au repos, si possible en position de fonction. Des contractions dites isométriques, c’est-à-dire sans déplacement de l’articulation, quelques minutes par jour, permettent de lutter contre la fonte musculaire.En dehors des poussées inflammatoires, votre kinésithérapeute pourra vous proposer des exercices dynamiques, contre résistance.

Vous devez êtres informé, “éduqué” pour bien gérer votre traitement “physique” au même titre que votre traitement médicamenteux et c’est l’objet de ce manuel. Cela signifie aussi que vous devez être persévérant. Il est bien plus difficile de prendre de bonnes habitudes d’activités physiques que d’ingérer des médicaments tous les jours, mais vous verrez que les efforts réguliers et durables sont récompensés.

 

Doit-on porter des semelles orthopédiques et prendre des précautions particulières pour protéger ses pieds ?

Au cours de la polyarthrite rhumatoïde, l’atteinte des pieds est fréquente et peut être très gênante. Autant dire qu’il est bon de prendre toutes les précautions possibles pour essayer de préserver ses pieds. Ainsi, même si les pieds sont épargnés par le rhumatisme, il est souhaitable de choisir des chaussures confortables , de ne pas négliger les soins spécifiques d’une irritation cutanée même minime et éventuellement de porter des semelles orthopédiques.

En effet, des semelles orthopédiques peuvent être prescrites dès le début du rhumatisme pour deux raisons. Il est d’abord souhaitable de corriger toute anomalie du pied, qu’il s’agisse par exemple d’un pied creux ou d’un pied plat, c’est-à-dire toute déformation même indolore et sans rapport avec le rhumatisme. Des semelles peuvent être aussi prescrites dans le but de prévenir l’étalement de l’avant-pied et la bascule du talon au cours de la polyarthrite rhumatoïde. Leur rôle préventif n’est cependant pas prouvé.

Quand les pieds sont douloureux, même s’ils ne sont pas déformés, le port de semelles apporte un confort immédiat.Les semelles sont réalisées sur mesure après prise d’empreintes. Les techniques et matériaux utilisés sont très variés ; la technique du thermoformage est de plus en plus répandue car elle garantit un confort optimal par moulage direct sur le pied. Ces semelles sont lavables à l’eau froide.

Il est recommandé de prendre grand soin de ses pieds surtout lorsqu’ils sont déformés et fragiles. Les points d’appui anormaux et les zones de conflit avec les chaussures peuvent aboutir à la formation de durillons. Ne faites pas vos soins vous-même. Il est préférable de se faire soigner par un pédicure-podologue car des soins mal faits exposent au risque d’infection. Les soins réalisés par un pédicure ne sont que partiellement remboursés par la Sécurité Sociale et seulement après entente préalable.

Le podologue peut également confectionner des orthoplasties pour les déformations d’orteils. Il s’agit d’orthèses réalisées sur mesure à partir d’élastomères de silicone (très souple), après moulage sur le pied. Ces orthoplasties sont destinées à traiter les déformations d’orteils, ou les conséquences de ces déformations (cors, durillons, …) en les posturant et en les protégeant. Des semelles correctrices peuvent réduire les conflits avec les chaussures et répartir le poids du corps sur l’ensemble de la plante du pied.

Ces semelles doivent être prescrites par un médecin. Elles sont délivrées après consultation par le podologue. Elles sont remboursées à 100 % du tarif de la Sécurité Sociale et par votre mutuelle et peuvent être renouvelées tous les ans.