Les causes ?

Il est essentiel de distinguer les ostéoporoses dites “primitives” (les plus fréquentes, divisées en sous-types selon l’âge de survenue) et les ostéoporoses “secondaires”.

Principales causes d’ostéoporoses :

  • Ostéoporoses dites “primitives”
    • Juvénile (jusqu’à l’âge de 25 ans).
    • Homme jeune (facteurs génétiques).
    • Grossesse
    • Ménopause (ménopause naturelle ou chirurgicale, absence prolongée de règles).
    • Vieillissement (après 70 ans).
    • Causes héréditaires très rares : ostéogenèse imparfaite (maladie de Lobstein).
  • Ostéoporoses secondaires
    • Traitement prolongé par des doses fortes de cortisone (> 7,5 mg/j et/ou plus de 6 mois)
    • Rhumatismes : polyarthrite rhumatoïde, spondylarthrite, arthrite chronique juvénile.
    • Maladies endocriniennes : excès de fonctionnement d’une glande parathyroïde ou de la thyroïde, insuffisance des glandes sexuelles.
    • Maladies digestives : atteintes sévères du foie, maladies chroniques de l’intestin.
    • Autres causes : anorexie mentale, intoxication alcoolo-tabagique, malnutrition sévère, immobilisation prolongée, fuite chronique du calcium dans les urines, maladies tumorales, greffes d’organes, insuffisance rénale chronique sévère.”

 

Quels sont les facteurs de risques?

Plusieurs facteurs de risques de survenue de l’ostéoporose sont bien connus. Si certains sont inévitables, d’autres au contraire doivent être combattus selon la société Française de rhumatologie  :

La consommation excessive d’alcool est responsable d’une diminution de la formation de l’os et d’une insuffisance en hormones sexuelles;
La consommation excessive de tabac favorise l’ostéoporose. Le tabac exerce une action nocive directe sur l’os. De plus, chez la femme, il peut entraîner une ménopause précoce et diminuer à ce moment là l’effet protecteur des hormones sexuelles féminines. Enfin, il est responsable d’affections pulmonaires telles que la bronchite chronique, qui favorisent aussi la survenue de l’ostéoporose.

Le manque d’activité physique tels la sédentarité et les périodes d’immobilisation prolongées, sont néfastes pour l’os ;

Le manque d’ensoleillement, (particulièrement pour les personnes âgées qui ont tendance à moins sortir), est responsable d’une baisse de la synthèse de vitamine D. Cette vitamine est nécessaire pour l’absorption du calcium alimentaire par l’intestin, et la minéralisation du tissu osseux.

Un régime diététique inapproprié :

  • Les régimes pauvres en lait et en produits laitiers qui n’apportent pas la ration suffisante en calcium ;
  • L’apport excessif de sels ou de protéines, car il peut se produire une fuite de calcium dans les urines ;
  • La consommation excessive de café est également susceptible d’entraîner une fuite urinaire de calcium ;
  • Des régimes amaigrissants trop sévères.

Par ailleurs, il est utile d’agir à l’avance sur certains facteurs de risque, afin de limiter les possibilités de survenue d’une ostéoporose :

les troubles des règles, avec une irrégularité des menstruations ou une durée trop prolongée ;

Les erreurs d’hygiène de vie au cours de la croissance, en particulier au moment de l’adolescence, avec l’absence d’activité physique ou au contraire une activité sportive excessive, et une alimentation trop pauvre en lait ou produits laitiers.

Enfin, d’autres facteurs de risque ne peuvent être modifiés, mais il est important de les connaître pour être particulièrement vigilant vis à vis de la survenue d’une ostéoporose :

  • le sexe féminin ;
  • la petite taille ;
  • la maigreur ;
  • la race caucasienne (blanche ) ou asiatique (jaune) ;
  • l’existence chez la mère d’une ostéoporose et de fractures ostéoporotiques ;
La prise de certains médicaments :

  • Les corticoïdes (c’est à dire la cortisone) pendant une longue durée (plusieurs mois),
  • Les hormones thyroïdiennes,
  • Les héparines (anti-coagulants) au cours des traitements prolongés par voie intra-veineuse.

Signalons également que contrairement à une idée reçue, la grossesse et l’allaitement ne sont pas des facteurs de risque d’ostéoporose. Les pertes osseuses modérées qui se produisent pendant cette période sont en effet récupérées dans les 6 mois suivant la fin de l’allaitement.

Diverses maladies peuvent créer les conditions favorables à la survenue d’une ostéoporose et il faut signaler à votre médecin si vous en avez souffert. Les principales sont :

  • Les maladies endocriniennes comme l’hyperthyroïdie, la maladie de Cushing, le diabète,
  • Les maladies digestives avec les pancréatites, les cirrhoses hépatiques, les gastrectomies.
  • Les rhumatismes inflammatoires tels la polyarthrite rhumatoïde, la spondylarthrite ankylosante.
  • L’hémochromatose

Enfin, il faut signaler les chutes qui sont responsables des fractures, complications de l’ostéoporose.

Laprévention des chutes est particulièrement importante chez les personnes âgées.

 

Les complications de l’ostéoporose

La complication de l’ostéoporose est la fracture. Les plus fréquentes sont le tassement vertébral, la fracture du col fémoral ou des os de l’avant-bras, mais presque tous les os peuvent être le siège d’une fracture due à leur fragilité.

La survenue de tassements vertébraux multiples entraîne une réduction de la taille plus ou moins importante, parfois responsable d’une compression de l’abdomen, d’un reflux oesophagien (sensation de brûlures dans l’oesophage), d’un essoufflement, de déformations de la colonne (dos qui se voûte, modification des courbures de la colonne vertébrale, douleurs du bas du dos et parfois douleurs de contact entre les côtes et le bassin du fait de la perte de taille) et donc un retentissement sur la qualité de vie. Les douleurs du bas du dos sont souvent aggravées par les efforts, les exercices, par la station debout ou assise prolongée et sont soulagées par le repos.

La fracture du col fémoral est grave du fait des risques de complications post-opératoires générales liées à l’intervention (phlébites-embolies, infections et autres complications liées à l’alitement). Elle nécessite parfois la mise en place d’une prothèse qui, elle-même, peut se compliquer (infection, luxation, usure, etc.). Le retour à domicile après une intervention dans un tel contexte n’est pas toujours possible. On remarque souvent dans les suites une peur importante de tomber à nouveau, il existe un risque de dépendance.

 

Qu’est-ce qu’un tassement vertébral ?

Un tassement vertébral est la fracture d’un corps vertébral. Il peut révéler l’ostéoporose ou la compliquer. Selon l’APHP, il ne faut pas confondre le tassement vertébral et le “pincement” discal qui traduit une maladie du disque situé entre deux vertèbres (vieillissement, arthrose vertébrale) et qui n’a rien à voir avec l’ostéoporose. Le diagnostic est évoqué devant des douleurs de la colonne vertébrale, souvent violentes, d’apparition brutale. La radiographie (indispensable) confirme le diagnostic en montrant une vertèbre qui s’est aplatie en partie ou en totalité (déformation d’un plateau, fracture en coin, aspect en galette). Tout tassement vertébral n’est pas obligatoirement lié à une ostéoporose… Des examens de sang et une imagerie plus sophistiquée sont parfois nécessaires pour confirmer le diagnostic et préciser l’ancienneté du tassement (cf. Figures A, B et C).

Figures A et B : Aspects typiques des tassements vertébraux (flèches).
Figure C : Apparition d’une fracture vertébrale : radiographies de la même patiente avant (à gauche) et après (à droite) la fracture (flèche)

 

Quelles sont les fractures les plus fréquentes au cours de l’ostéoporose ?

Trois fractures sont particulièrement fréquentes :

  • les fractures des corps des vertèbres appelées tassements vertébraux . Leur dénombrement exhaustif est quasi impossible car leur survenue est souvent silencieuse;on estime le chiffre approximatif, en France, de 40000 à 65000 cas par an ;
  • les fractures du col du fémur. Le risque augmente avec l’âge. En France, en 1990, il y a eu 48000 fractures du col du fémur, en 2050, il y en aura 150000 si l’incidence actuelle perdure ;
  • la fracture de l’avant-bras (appelée fracture de Pouteau- Colles). On estime que le chiffre approximatif, en France, en 1990, était de 35000 cas.

 

Y a-t-il un rapport entre ostéoporose et arthrose?

L’ostéoporose est une maladie de l’os, l’arthrose est une maladie de l’articulation (usure du cartilage).
Il n’y a donc aucun rapport entre ces deux rhumatismes. Pourtant, ces deux maladies touchent surtout les femmes à la ménopause.

On dit souvent que l’arthrose et l’ostéoporose s’excluent mutuellement, c’est-à-dire qu’elles ne s’observent pas en même temps chez une même personne. Ces deux maladies ont d’ailleurs des facteurs de risque bien différents : ainsi, l’obésité favorise l’arthrose (genoux, mains), peut-être par le biais d’une élévation des estrogènes, alors que la maigreur est un facteur de risque d’ostéoporose. Par ailleurs, on observe que les femmes souffrant d’arthrose sont plus grosses, ont plus de tissu adipeux, de masse musculaire et de force physique;les femmes ostéoporotiques sont plus minces, de plus petite taille, ont moins de tissu adipeux, de force musculaire.

Mais l’ostéoporose entraîne des fractures, en particulier des tassements vertébraux.
Ceux-ci, en réduisant la taille, en modifiant les courbures de la colonne vertébrale, favorisent (ou aggravent) une arthrose vertébrale, il est donc possible de souffrir à la fois d’ostéoporose et d’arthrose et – hélas ! – ces deux maladies peuvent donc se rencontrer chez une même personne.

 

La grossesse et l’allaitement favorisent-ils l’ostéoporose ?

La grossesse et l’allaitement favorisent une perte osseuse modérée qui est récupérée dans les 6 mois après l’arrêt de l’allaitement. Cette perte est sans conséquence clinique sauf si elle survient chez des femmes ayant une densité minérale osseuse très basse avant la grossesse.

 

Faut-il faire de la kinésithérapie après un tassement vertébral ?

Pendant la période douloureuse consécutive au tassement vertébral (qui dure habituellement quelques semaines), la kinésithérapie est limitée à des exercices pour les jambes pour entretenir les muscles et faciliter la circulation du sang quand on est alité.

Quand les douleurs se sont atténuées, le kinésithérapeute peut faire faire des exercices pour le dos. Ceux ci sont importants car, après un tassement vertébral, on a tendance à se voûter. Il faut donc avoir de très bons muscles du dos pour mieux se redresser.

Une fois les problèmes immédiats liés à ce tassement atténués, le kinésithérapeute peut vous apprendre un programme de gymnastique “sur mesure” pour renforcer votre squelette et réduire le risque de nouvelle chute.

 

Quels sont les aliments à éviter ?

Tous les aliments riches en fibres comme :

  • les légumes secs,
  • les céréales,
  • le songênent l’absorption du calcium des produits laitiers lorsqu’ils sont pris ensemble.
Les excès de viande augmentent l’élimination du calcium dans les urines. Mais, il existe souvent une carence protéique chez les personnes âgées qui apprécient peu la viande. Il faut donc dans ce cas là veiller, à ce que les apports soient suffisants.
Le sel et le café en trop grande quantité entraînent également une fuite urinaire du calcium. Attention donc aux abus.

Attention aussi aux sodas et aux boissons à base de cola, notamment chez l’enfant et l’adolescent. Elles auraient un effet néfaste sur l’acquisition d’un capital osseux optimum.