L’embolie pulmonaire est une obstruction par un caillot de sang des voies respiratoires (artère pulmonaire ou l’une de ses branches).
Ce caillot se forme au cours d’une phlébite  (en général au niveau des jambes). Il se détache de la paroi de la veine et remonte avec le sang vers le cœur. Lors de ses contractions, le muscle cardiaque propulse le caillot dans les artères pulmonaires de plus en plus fines, où il finit par rester bloqué.

Symptômes de l’embolie pulmonaire

L’embolie pulmonaire entraîne l’apparition soudaine :

  • d’une douleur d’un côté du thorax qui augmente à l’inspiration ;
  • de difficultés à respirer (respiration rapide et courte) ;
  • parfois une toux et des crachats avec du sang.

D’autres signes peuvent être présents, souvent représentatifs de la gravité de l’affection :

  • un malaise, ou même une syncope (perte de connaissance brutale) ;
  • une accélération du rythme cardiaque ;
  • des extrémités bleues (doigts, lèvres) ;
  • des signes d’état de choc traduisant une insuffisance circulatoire brutale se traduisant essentiellement par une torpeur, un pouls rapide, une chute la tension artérielle. ;
  • plus rarement, un arrêt du cœur.

Les symptômes sont parfois difficilement évocateurs, car peu intenses ou peu spécifiques. Ils varient d’une personne à l’autre, mais ils doivent toujours alerter lorsqu’ils surviennent dans un contexte de risque de phlébite et d’embolie pulmonaire.

La bonne attitude face à des signes d’embolie pulmonaire

L’embolie pulmonaire nécessite un traitement en urgence.

En cas de symptômes évoquant la maladie, et plus particulièrement s’ils surviennent lorsque sont présents des facteurs de risques, téléphonez immédiatement aux numéros d’urgence : 15 ou 112.depuis un téléphone fixe ou le 112 depuis un téléphone mobile.

urgence-appelez-112 - ©cnamts 2010
©cnamts 2010
Après avoir téléphoné aux services d’urgence, il faut :

  • installer le malade en position semi-assise ;
  • limiter au maximum tout mouvement ;
  • noter l’heure de l’apparition des premiers signes.

Que dire par téléphone à votre interlocuteur des urgences (15 ou 112) ?

La personne qui vous répondra au téléphone doit pouvoir évaluer la situation et organiser les secours rapidement. Pour cela :

  • parlez calmement et clairement ;
  • indiquez votre numéro de téléphone ;
  • donnez votre nom et celui du malade ;
  • précisez le lieu et l’adresse exacte où se trouve le malade, ainsi que l’étage et le code d’accès éventuel ;
  • décrivez le plus précisément possible les signes qui vous ont alerté ;
  • précisez l’état de conscience du malade (est-il éveillé, somnolent, etc.) ;
  • ne raccrochez pas avant que votre interlocuteur ne vous le demande. Le médecin peut avoir besoin d’autres renseignements. Il peut aussi vous donner des directives, par exemple sur les gestes à pratiquer en attendant l’arrivée de l’équipe médicale mobile.

Le patient chez lequel on suspecte une embolie pulmonaire est conduit en milieu hospitalier où sera posé le diagnostic avant mise en route rapide du traitement.

Les facteurs de risque

Différentes situations favorisent la survenue d’une embolie pulmonaire..

Certaines conditions augmentent le risque de lésions des vaisseaux :

  • un traumatisme (choc, fracture osseuse), une opération chirurgicale ;
  • des traitements médicamenteux (ex : chimiothérapie) ;
  • un accouchement par césarienne.

Des troubles de la coagulation peuvent conduire à la formation de caillots :

  • anomalies héréditaires portant sur des gènes des facteurs de la coagulation ;
  • grossesse, contraception ou substitution hormonale lors de la ménopause.

La stagnation du sang augmente également les risques:

  • immobilisation prolongée (personne alitée après une opération, une fracture de la jambe, une maladie ; long voyage sans pouvoir bouger les jambes, etc.) ;
  • maladie (cancer, insuffisance cardiaque qui comprime certains organes).

Enfin, d’autres facteurs peuvent d’intervenir :

  • antécédents de phlébite ou thrombophlébite ;
  • obésité.

Diagnostic et traitement de l’embolie pulmonaire

Le diagnostic

Face à des signes d’embolie pulmonaire, le médecin pratiquera un examen clinique complet. En particulier, il recherchera des signes de phlébite.
Pour en confirmer le diagnostic et évaluer les conséquences , il pourra demander des examens complémentaires :

  • une radiographie du thorax ;
  • un électrocardiogramme ;
  • une analyse des gaz du sang ;
  • un dosage sanguin des D-dimères (traces biologiques d’un caillot) ;
  • d’autres examens d’imagerie : échographie cardiaque, scanner thoracique ou scintigraphie pulmonaire.

Le traitement : éliminer le caillot et éviter la récidive

En cas d’embolie pulmonaire touchant une zone restreinte du poumon (cas où l’artère bouchée est de petit calibre), un traitement anticoagulant est mis en place. Il a pour but :

  • de limiter l’extension du caillot ;
  • de prévenir le risque de récidive.

Ce traitement débute généralement par des injections, puis se poursuit par des comprimés.
Toute personne présentant une embolie pulmonaire est la thrombolyse  (d’améliorer la circulation sanguine au niveau des poumons).
Un traitement anticoagulant est ensuite prescrit pour prévenir la récidive.
D’autres soins pourront être administrés en fonction de la gravité de l’embolie, pour pallier le manque d’oxygène ou la défaillance cardiaque (ex : mise sous oxygène, médicaments stimulant la contraction du cœur).

Comment éviter la survenue d’une embolie pulmonaire ?

Bien que les symptômes de l’embolie pulmonaire soient le plus souvent soudains, certains facteurs de risques peuvent être anticipés. C’est le cas de la phlébite, notamment.
L’embolie pulmonaire résulte de la complication d’une phlébite, ou thrombose veineuse.
Vous devez donc être particulièrement vigilant si :

  • vous avez déjà eu une embolie pulmonaire ou une phlébite ;
  • vous présentez des facteurs de risque de thrombose.

Dans ces situations, il convient d’agir de manière préventive. Ainsi afin de limiter le risque de thrombose veineuse, votre médecin traitant vous conseillera et adaptera votre traitement ou votre contraception. Il est important d’éviter :

  • l’alitement prolongé ;
  • la prise de contraceptifs hormonaux combinés (œstrogènes associés à des progestatifs) ;
  • la prise de traitements hormonaux substitutifs de la ménopause ;
  • la consommation de tabac.

En fonction de la situation, votre médecin pourra également vous prescrire un traitement anticoagulant pour prévenir la formation de caillots veineux.

Prévenir la migration d’un caillot veineux

En cas de phlébite (ou thrombose veineuse) des membres inférieurs, le risque d’embolie pulmonaire est important. Le médecin prescrira un traitement anticoagulant en injections sous-cutanées dès le diagnostic. Au bout de quelques jours, les piqûres seront remplacées par des comprimés (anti-vitamine K), plus faciles à prendre. En effet, le traitement anticoagulant est recommandé pendant plusieurs mois.
Dès que le diagnostic est posé et le traitement anticoagulant instauré, le port de bas de contention est recommandé afin de faciliter la circulation sanguine dans les veines des jambes. Il est également conseillé de se lever le plus tôt possible après l’immobilisation.

Les sept règles d’or à respecter en cas de traitement anticoagulant
par anti-vitamine K

  1. Je respecte la dose prescrite et les heures de prise.
  2. Je réalise tous les contrôles biologiques (analyse de sang) prescrits par le médecin aux dates indiquées.
  3. Je signale la prise d’un traitement par anti-vitamine K à tout professionnel de santé que je consulte (médecin, pharmacien, biologiste, infirmière, dentiste, kinésithérapeute, pédicure…).
  4. Je contacte rapidement mon médecin ou les urgences les plus proches en cas de saignement.
  5. Je remplis le carnet de traitement à chaque analyse de sang : résultat de l’INR, dose journalière ; incidents.
  6. J’adopte une alimentation équilibrée et je modère ma consommation d’alcool. En particulier, je veille à ne pas trop manger certains aliments (brocolis, laitue, épinards, choux, choux-fleurs, choux de Bruxelles) qui contiennent beaucoup de vitamine K.
  7. Je demande l’avis de mon médecin avant de prendre un autre médicament, de recevoir une injection, de subir une extraction dentaire ou autre petite opération, des soins de pédicure, ou avant tout projet de voyage.

Sources

  • Embolie pulmonaire – Réanimation et urgences 2ème édition, Masson, Paris, 2005
  • Maladie thrombo-embolique veineuse – Dr Jean-Luc Bosson, janvier 2005
  • Embolie pulmonaire – Dr Marcel Laurent, février 2004
  • Pulmonary embolism – Symptoms , National Health Service (NHS), décembre 2011
  • Embolie pulmonaire – Pr I. Tillie-Leblond, Hôpital de Lille
  • A qui faire appel – Société Française de Médecine d’Urgence, décembre 2008
  • Diagnosis and management of acute pulmonary embolism – Société Française de Cardiologie, 2008
  • Protocoles thérapeutiques : embolie pulmonaire – SAMU de Lyon, décembre 2003
  • Diagnosis and management of acute pulmonary embolism – Société Française de Cardiologie, 2008
  • Pulmonary embolism : Treatment – National Health Service (NHS), décembre 2011
  • Recommandations de bonne pratique  » Prévention et traitement de la maladie thromboembolique veineuse en médecine  » – Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de santé (AFSSAPS), décembre 2009
  • Embolie pulmonaire : prise en charge initiale – Revue Médicale Suisse n° 134, novembre 2007
  • Recommandations de bonne pratique, Prévention et traitement de la maladie thromboembolique veineuse en médecine – Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de santé (AFSSAPS), décembre 2009
  • Pulmonary embolism – Prevention, National Health Service (NHS), décembre 2011